Moussa Traoré

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Moussa Traoré

1968-1991

Moussa Traoré, né le 25 septembre 1936 à Sébétou dans la région de Kayes, est un militaire et un homme d’État malien, président de la République de 1968 à 1991.

 

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Enfance et jeunesse

Issu d’une famille malinké, il est le fils d’un ancien soldat de l’armée française. Il s’y engage en 1954. Il fait ses études à l’École des enfants de troupe de Kati puis rejoint l’école d’officiers de Fréjus en France en 1960. Il en sort major de sa promotion.

Parcours militaire

Moussa Traoré est nommé sous-lieutenant en 1961, puis lieutenant en 1963. Il part au Tanganyika (l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants de mouvements de libération. Il est ensuite nommé instructeur à l’École militaire interarmes de Kati.

Parcours politique

Le 19 novembre 1968, Moussa Traoré participe au coup d’État qui renverse le président socialiste Modibo Keïta. Il devient président du Comité militaire de libération nationale, puis président de la République le 19 septembre 1969.

Le 16 mai 1977, l’ancien président Modibo Keïta meurt de façon suspecte en détention à l’âge de 62 ans, entraînant une forte mobilisation populaire : des milliers de personnes se rendent à ses obsèques,

auxquelles participent également des délégations officielles de pays voisins (notamment Guinée et Côte d’Ivoire). Le régime militaire réagit violemment en procédant à de nombreuses arrestations, mais Moussa Traoré est obligé d’expliquer à Radio-Mali les raisons de la mort de Modibo Keita, due selon lui à « un œdème aigu des poumons », mais ces explications ne convainquent personne.

En 1980, des manifestations étudiantes sont réprimées. Leur chef Abdoul Karim Camara, dit « Cabral », décède sous la torture, le 17 mars 1980.

En 1982, il est promu général d’armée.

Le coup d’État de 1991

Le 22 mars 1991, une manifestation à Bamako composée de milliers d’étudiants est réprimée par les armes, faisant une centaine de morts. Le 26 mars 1991, un coup d’État militaire mené par le lieutenant colonel Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré. Le Comité de transition pour le salut du peuple est mis en place avec le colonel Touré à sa tête.

Moussa Traoré est emprisonné à la prison de Markala. En février 1993, lors d’un procès qualifié de Nuremberg malien, il est condamné à la peine de mort pour crimes de sang. Il est le premier chef d’État africain à devoir répondre de ses actes devant la justice de son pays. Pour lui, le massacre du 26 mars 1991 a été orchestré par l’opposition politique et les socialistes français qui auraient fait venir des mercenaires au Mali afin de le déstabiliser.

Le président Alpha Oumar Konaré commue sa peine en prison à vie le 21 septembre 1999 puis, en mai 2002, le gracie. En revanche, il doit dorénavant répondre de « crimes économiques », pour lesquels il est aujourd’hui condamné. Il est accusé d’avoir détourné pendant son règne plus de 2 milliards de dollars d’argent public.

Il est décédé à l’âge de 84 dans la capitale malienne Bamako le 15 septembre 2020.